L’art comme pont culturel à Freudenstadt après 1945



Après la destruction de Freudenstadt, Dr R. Thieberger, officier culturel de la zone d’occupation française, a joué un rôle majeur dans la promotion de l’art et de la culture. Il entretenait des liens étroits avec des artistes de Freudenstadt, comme Karl Votteler, et soutenait l’artiste régional Paul Kälberer, qui était indésirable sous le Troisième Reich. Thieberger lui confia la direction d’une école d’art inspirée des académies de Stuttgart et de Karlsruhe, situées en zone américaine.
Ainsi, en 1946, l’« École de Bernstein » vit le jour dans un ancien monastère près de Sulz. Elle bénéficia d’un soutien généreux, incluant des biens rares à l’époque, tels que du mobilier, du charbon de chauffage et du matériel de peinture. Des artistes revenant de captivité s’y rallièrent, parmi lesquels les futurs fondateurs du cercle artistique « Das Quadrat ». Dès l’été 1946, David Fahrner organisa la première exposition d’art, où furent présentées pour la première fois des œuvres abstraites et autrefois interdites – une différence notable par rapport aux autres villes de la zone d’occupation, où l’art français était privilégié.
L’École de Bernstein, dirigée en dernier lieu par le graveur sur bois HAP Grießhaber, cessa d’exister lorsque les Français perdirent leur influence sur son financement. En 1954, la reconstruction de Freudenstadt fut achevée, symbolisée par la « Vénus de Freudenstadt », créée par David Fahrner. Cette œuvre représente un nouveau départ et un message d’espoir, marquant le chemin vers la réconciliation et le jumelage avec Courbevoie.
En 1960, Carl, Duc de Wurtemberg, épousa la princesse Diane de France, artiste de son état. Dans l’après-guerre, l’art devint un véritable pont culturel pour l’entente franco-allemande à Freudenstadt, au-delà des barrières linguistiques.
Dr. Kurt Breuer
